Entre gel des factures d’énergie et fortes baisses d’impôt, l’énorme pari budgétaire du gouvernement britannique

Le gouvernement britannique a annoncé, vendredi 23 septembre, un électrochoc budgétaire destiné à “sortir du cercle vicieux de la stagnation pour entrer dans le cercle vertueux de la croissance”. Il a décidé à la fois la plus forte baisse d’impôts depuis cinquante ans et une forte augmentation des dépenses, afin de geler les factures énergétiques des ménages et des entreprises.

Parallèlement, il prévoit une série de réformes structurelles : suspension du moratoire sur la fracturation hydraulique, suppression du plafonnement des primes bancaires, simplification des autorisations de permis de construire, etc. “C’est le début d’une nouvelle ère”, s’est vanté Kwasi Kwarteng, le chancelier de l’Échiquier. Son objectif affiché est de relancer la croissance, pour atteindre une vitesse de croisière de 2,5 % par an, contre environ 1,5 % ces quinze dernières années.

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“C’est de la folie”a répondu Margaret Hodge, députée travailliste. “Le Premier ministre et la chancelière sont comme deux parieurs dans un casino, essayant de se ressaisir après une série de pertes”, renchérit Rachel Reeves, en charge de l’économie au Parti travailliste. Selon les calculs de l’Institute for Fiscal Studies (IFS), un groupe de réflexion, ces annonces vont creuser le déficit à 7,5% du produit intérieur brut (PIB) cet exercice (avril 2022 à mars 2023), un niveau qui n’a été atteint qu’à pendant la pandémie de Covid-19 et juste après la grande crise financière de 2008.

Les marchés financiers, eux aussi en forte baisse, ont réagi avec une vive inquiétude. Les obligations britanniques à 10 ans ont soudainement augmenté de 3,5 % à 3,8 %, l’un des mouvements les plus forts jamais enregistrés en une heure seulement. La livre a chuté de 2,5% à 1,09 contre le dollar, au plus bas depuis 1985.

Évitez la transparence

La nouvelle Première ministre Liz Truss, en poste depuis le 6 septembre, avait fait campagne tout l’été avec des militants conservateurs promettant des baisses d’impôts. Mais l’importance des annonces, alors que le pays est en légère récession depuis avril, a surpris. Il baisse les cotisations sociales, ainsi que l’impôt sur le revenu des plus riches (qui passe de 45 % à 40 % au-delà de 170 000 euros de revenus par an) et celui des classes moyennes (de 20 % à 19 % en dessous de 56 000 euros).

L’impôt sur les sociétés, que le gouvernement de Boris Johnson devait augmenter, restera finalement à 19 %. Le droit de timbre sur les transactions immobilières est également réduit. Au total, cela doit coûter environ 1,5 % du PIB. “C’est la plus grosse baisse d’impôt depuis 1972”souligne Paul Johnson, le directeur de l’IFS.

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