la France de Joann Sfar

« La Synagogue » : L’adolescence à Nice dans les années 1980

J’ai passé l’âge de me demander si ce que j’écris ou ce que je dis est agréable ou désagréable. Lorsque l’envie de séduire à travers vos livres vous quitte, vous êtes enfin libre d’écrire ce que vous voulez. Je n’ai jamais cherché la bagarre avec la plume, je sais que c’est inutile, mais l’envie de me taire, m’a dépassé oui.” expliqué par Joann Sfar, auteur de La SynagogueÉdition Dargaud, 2022 et On s’en fiche si on est mortÉditions jeunesse Gallird, 2022.

Une autobiographie inspirée du Covid-19

Cette bande dessinée, Joann Sfar avoir une idée, l’envie après son séjour à l’hôpital pour cause de Covid-19 : “C’est un album de combat. (…) Le médecin qui est venu me voir, la seule chose qui m’a dit, il m’a dit Lutte. J’ai trouvé cela complètement fou, et cela m’a rappelé tous les souvenirs méfiants de ma jeunesse.” Il raconta à propos de son père, le rapport de ce dernier à la virilité, au combat : ” Le paradoxe de mon père, c’est qu’il est contre la violence en politique, et que dans la vie, il se bat quand on s’approche de sa voiture. .”

Mais dans cette autobiographie, le créateur parle surtout de Nice. Bien qu’il n’ait jamais mis les pieds en Algérie, il évoque sa joie de dessiner et d’écrire sur une ville qu’il connaît par cœur : ” Par contre, Nice est ma région. Et la joie de créer une bande dessinée où je connais chaque rue, où je connais chaque endroit, où je peux mettre des gens, des choses. Il y a une typologie niçoise, je suis content de cet album. Il y a un désir d’explorer une terre, qui est historiquement nouvelle .”

Le spectateur monte à l’extrême droite

Le graphiste, peintre et réalisateur a montré qu’au final : “le sujet de mon livre*, c’est ça. Tant qu’ils sont skinheads, ça ne dérange personne, le jour où ça deviendra grand-père et grand-mère, alors ce sera un danger national*. lorsqu’il évoquait la montée de l’extrême droite dont il était témoin dans le sud de la France.

sur La Synagoguele dessinateur veut revenir sur la vie de la communauté juive de France, des années 1980 à nos jours : «J’essaie de raconter une histoire permanente de violence anti-juive, et j’essaie de faire comprendre aux gens ce que c’est que de vivre dans la prière sous protection policière presque toujours.” “Je suis très reconnaissant aux néo-nazis de mon enfance qui ressemblaient à des néo-nazis, ils étaient beaux, ils avaient des croix gammées, on savait qui ils étaient. Aujourd’hui, j’ai l’impression que la haine des juifs est devenue le ciment consensuel de l’activisme politique partout où il vient, et vous constaterez souvent qu’il n’est pas décodé..”

avec Joann Sfar, le discours politique actuel ne se rend pas compte des exagérations qui l’habitent. Il décrit spécifiquement l’utilisation de “rhétorique maurrassienne« Dans l’ensemble de l’échiquier politique, ce que certains font sans même s’en rendre compte, ce qui est dangereux : »tout l’éventail politique français alimente Maurras, sa germanophobie, sa haine secrète des projets imaginaires, et c’est encore décodé. La jeune génération ne sait même pas qu’elle régurgite un dicton d’extrême droite des années 30.”

Avec des bandes dessinées, des cahiers

Joann Sfar jamais séparé de son carnet où il écrit, il dessine son quotidien : “Le carnet est une forme que je garde depuis ma jeunesse où j’essaie de dire exactement ce qui m’est arrivé, donc c’est un exercice de narration, d’écriture. (…) Il y a l’idée de puiser dans la nature, de raconter dans la nature.hein.” On s’en fiche si on est mort publié aux Editions Gallimard jeunesse, prend la forme de carnets qu’il conserve à l’image de l’écriture de La Synagogue, ce sont les moments de sa vie où il puise l’inspiration pour écrire, peindre et mettre en scène. .

Professeur des beaux-arts

Une partie de ces cahiers, et donc une partie de On s’en fiche si on est mort, revient sur l’atelier qu’il a dirigé pendant six ans aux Beaux-Arts. En tant que professeur, le dessinateur a expliqué : “ça me guérit contre toutes les bêtises qu’on dit sur la jeune génération, quand on les appelle wokists, ceci, cela, ils sont tous plus malins qu’on ne le pense, plus compliqués. (…) On ne peut pas le résumer en quelques mots.” Il ne prend pas parti et se contente de promouvoir les débats qui ont lieu et, selon lui, réfléchit sur la société : «Les conflits qui surviennent au sein des Beaux-Arts sont passionnants, à mon avis, dit notre société, et on ne sait jamais si c’est vain ou nécessaire.

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