quand l’écran se fait trop petit pour Dietrich et Hitchcock

Eve Gill (Jane Wyman), Charlotte Inwood (Marlene Dietrich) et l'inspecteur Wilfred Smith (Michael Wilding) dans Le Grand Alibi d'Alfred Hitchcock (1950).

TCM – JEUDI 22 SEPTEMBRE À 20H50 – CINÉMA

En un mot, ça Le cinéma selon Hitchcock. Par François Truffaut, dédicacé Grand alibi, Alfred Hitchcock s’abstient de commenter la performance de Marlene Dietrich, préférant détruire la performance de l’autre star du film, Jane Wyman. Pourtant, c’est de l’impossibilité de l’Ange bleu et du Maître du désespoir que naît le charme malchanceux et attachant de ce film.

En 1949, Hitchcock tourne à Londres pour la première fois depuis son départ pour Hollywood en 1939. En commençant par le détective britannique de Selwyn Jepson, il a construit un complot complexe où Eve Gill (Jane Wyman) une jeune femme qui aimerait être. l’actrice doit aider son amant, qui est déjà acteur (Richard Todd) à prouver qu’il n’a pas tué le mari de la star du West End londonien Charlotte Inwood (Marlene Dietrich).

Le personnage d’Eva Gill, une oie blanche crédule qui apprend à se cacher, en étant acceptée comme habilleuse par Charlotte Inwood, permet à Hitchcock de déroger aux règles de la narration en vigueur à l’époque. Le récit de son ami, qui a du recul, est en réalité un mensonge. Le narrateur est incertain, et l’incertitude fluctue selon ses motifs.

Séquence d’anthologie

D’autant plus que Marlene Dietrich a imposé ses conditions à Hitchcock, qui s’y est conformé. Il raconte chaque matin l’histoire de sa journée de tournage Donald Spoto dans sa biographie du cinéaste, l’actrice a donné ses instructions au directeur de la photographie, Wilkie Cooper, sans trouver à redire au réalisateur, un événement ou un avenir sans précédent dans sa carrière. A tel point que les séquences chantées par Charlotte Inwood La fille la plus paresseuse de la ville Où? La vie est rose Habillées en Christian Dior, elles ressemblent plus à Joseph von Sternberg qu’à Hitchcock, ce qui perturbe le rythme généralement impeccable du récit hitchcockien.

l’auteur de 39 marches reprend le contrôle lors de séquences d’anthologie, sème le chaos lors d’une garden-party, organise une chasse à l’homme au théâtre, profitant au maximum des illusions mortelles offertes par les setters, jongle dans les cintres.

Malgré les changements de ton et l’artificialité de l’intrigue, Un bel alibi maintient l’apparence de cohésion en revenant constamment à la représentation du système des castes qui régit le monde du divertissement. Eve Gill partage son prénom avec Eve Harrington, une actrice montante dans le film de Mankiewicz (Veillesorti la même année Grand alibi, 1950) et le crédit que lui attribuent le réalisateur et l’actrice ne suffit pas à cacher la soif de gloire. Cet intérêt pour l’art de la performance, rarement vu dans la filmographie d’Hitchcock, ajoute au caractère unique du film.

Grand alibi, Film américain et britannique d’Alfred Hitchcock (1950), avec Marlene Dietrich, Jane Wyman, Richard Todd, Michael Wilding (1h50), TCM, 22 septembre, 20h50 et rediffusion.

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