Gallimard dans le viseur de l’antitrust suisse

Publié le 22 septembre 2022 à 18h33Mis à jour le 22 septembre 2022 à 19h37

Les librairies suisses Payot et son patron Pascal Vandenberghe opposent Madrigall (Gallimard, Flammarion) et “tabelles”, les “surcoûts” imposés par certains distributeurs sur le prix d’un livre français en Suisse. Le PDG d’une grande chaîne de librairies de Suisse romande, où près de 80% des livres vendus proviennent de France, a déclaré : Dans le journal “Le Temps”. qu’il a porté plainte auprès de la Comco, l’autorité suisse de la concurrence, contre Madrigal, dans le but de mettre fin à cette pratique de l’autre côté de la frontière, là où il n’y a pas de prix unique du livre, comme en France.

“racket”

« Les tarifs d’achat que nous imposent les principaux diffuseurs français sont de 40 à 45 % supérieurs à leurs tarifs en France. C’est un racket, combat Pascal Vandenberghe. FNAC Suisse bénéficie des tarifs pratiqués en France, FNAC Darty y étant l’un des principaux clients des grands éditeurs. Cela crée une distorsion de concurrence en Suisse avec un groupe comme le nôtre. Les vendeurs transfrontaliers en bénéficient également. Contacté, le groupe Madrigall s’est refusé à tout commentaire.

“Les grandes maisons d’édition françaises font de l’argent avec la Suisse depuis des années”, explique l’expert du secteur. Cela a longtemps été le cas en Belgique, jusqu’à ce que la loi sur le prix du livre de début 2021 les oblige à changer leurs pratiques. »

En Suisse, ce thème est un ancien serpent de mer. “Les libraires souffrent de ces prix exorbitants car ils sont déraisonnables pour les acheteurs”, déclarait Pascal Kuschepin, alors ministre suisse de l’Intérieur (Social, Education, Affaires culturelles)… 2003. Cependant, les tentatives d’établissement d’un prix unique du livre en Suisse ont été interrompues.

“Le dysfonctionnement est systémique”

Pour sa plainte, Pascal Vandenberghe s’appuie légalement sur la révision de la loi fédérale sur les cartels, entrée en vigueur le 1.hein Janvier – en supposant spécifiquement que les importations directes en provenance de groupes étrangers doivent être effectuées dans des “conditions normales de marché (d’origine)”. Pour l’instant, la plainte de Payot ne concerne que Madrigall, pas les autres poids lourds français du secteur, comme Hachette (Fayard, Grasset), Editis (Julliard, Plon) ou Media-Participations (Dargaud, La Martinière).

“Nous ne sommes pas obsédés par Madrigal. Le dysfonctionnement est systémique et aurait pu être transmis à d’autres. Mais Madrigal est le premier à nous faire une nouvelle offre commerciale”, a déclaré Pascal Vandenberghe, qui l’a joint au dossier et attendra la décision de l’autorité de la concurrence suisse, entamant éventuellement d’autres poursuites judiciaires. Celle-ci est attendue dans les prochaines semaines.

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