Elle accuse PPDA de viol à Sète : “Il me secoue sur le lit, ça dure cinq minutes, j’ai été surprise”

L’Héraultaise Margot Cauquil-Gleizes, enseignante de 53 ans, fait partie des plaignantes qui espèrent un procès contre l’ancienne vedette. Au début de l’affaire Poivre d’Arvor, l’Héraultaise Margot Cauquil-Gleizes, 53 ans, n’a pas voulu sortir de l’anonymat. Elle a accepté de témoigner, en mars 2021, à l’appui de la plainte déposée par l’écrivain Florence Porcel contre l’ancien présentateur vedette de TF1. Elle a décrit à la police une agression sexuelle et surtout un viol, 36 ans plus tard, qu’elle n’identifiait toujours pas dans sa tête. La Biterroise d’origine, aujourd’hui professeur d’arts plastiques à Paris, vient de décider, mi-septembre, de porter plainte pour ces deux affaires. Même s’ils sont, a priori, prescrits (lire par ailleurs). Elle a choisi de s’exprimer dans Midi Libre pour porter haut et fort la bataille menée par le groupe de plaignants dans ce but : obtenir un jugement. PPDA, il nie en bloc, et a porté plainte pour diffamation, notamment contre Mme Cauquil-Gleizes. Pourquoi parle-t-elle aujourd’hui ? “Je veux qu’on soit entendus et crus. Le fait d’être tous ensemble nous donne de la crédibilité. Je n’en connaissais aucun il y a un an, je n’y arrivais pas, c’est une force collective”. Aujourd’hui, elle risque de se dévoiler publiquement : “Lever l’anonymat, c’est compliqué, je suis enseignante, mais les parents, les élèves et la hiérarchie sont gentils, ma famille aussi et mes proches, comme mes deux fils”. La rencontre avec Patrick Poivre d’Arvor, automne 1984 « Il a appelé mes parents vers 21 heures » raconte l’histoire de cette femme qui a grandi à Bassan, près de Béziers, jusqu’à sa majorité. Là, en 1984, âgée de 16 ans, auteur d’un recueil de réflexions existentielles, elle écrit au journaliste pour lui demander conseil. « Il m’a vite répondu… Ma mère se leva et, flattée, me dit : « Monsieur ; . Patrick Poivre d’Arvor veut vous parler. A cette époque, quand on regardait 20 tous les soirs, religieusement, je n’avais pas le droit de parler à table. Il m’a dit qu’il serait content si je pouvais envoyer mes textos et aussi demande-moi quel sous-vêtement je porte… Je suis mal à l’aise, je lui dis que je ne peux pas répondre, c’est pervers, mais je suis impressionné par le personnage”. Le viol dénoncé dans un hôtel de Sète, printemps 1985 Les semaines passent, les correspondances et les appels téléphoniques se poursuivent. Elle reçoit deux cartes PDDA écrites à l’encre violette qu’il affectionne. “Il m’a dit que j’avais du talent, qu’il allait me publier… C’est le serpent envoûtant”. 1985 lorsque l’interprète vedette rejoint Sète pour un événement littéraire. Rendez-vous est pris au Grand Hôtel. Elle songe à présenter ses textes, la réceptionniste lui dit que Poivre d’Arvor l’attend dans sa chambre. Tout va très vite : “Il ouvre à j’ouvre la porte, je vois une petite pièce, je me demande où on va s’asseoir, il dit bonjour me manque, demoiselle, il me prend tout de suite, il me penche sur le lit, il se déshabille. moi, il se déshabille, il me pénètre et ça dure cinq minutes. Je suis dans un état de stupeur, je ne connaissais pas ce mot alors. J’avais une alliance au pouce, il cogne son alliance contre la mienne et il dit : I : “surtout, ne te marie pas trop jeune”. Il part prendre une douche en me disant : “maintenant j’ai des rendez-vous”. Je m’habille machinalement et je pars”. PPDA, dans ses audiences, a toujours contesté l’absence de consentement. Anne devient Margot Son existence change. Elle n’en parle à personne et décide de s’appeler Margot et non plus Anne. difficulté à me construire », analyse-t-elle après quelques secondes de réflexion. « C’est du déni, je n’en parle à personne, pas même à l’homme ratatiné qui me suit, je veux oublier, cacher cette saleté. La dépression survient quelques mois plus tard. Je comprends maintenant que c’était moi-même lié à cet épisode. changé de prénom, comme si je voulais changer de peau, mettre de meilleurs vêtements, j’ai mal à l’âme. Je me dis que Margot est mon nom militaire, avec “OT” à la fin, comment se débarrasser de quelque chose d’effrayant”. Le livre, dans lequel elle est comparée à un homard La jeune femme reste en contact épisodique avec le journaliste qui, en 1988, publie son livre “Les femmes de ma vie”. “Il m’a demandé l’autorisation de publier une de mes lettres, et j’ai accepté… Je nie, on continue à avoir des échanges, on se rencontre, on ne parle jamais de cette rencontre à Sète” explique-t-elle. Mais dans ce livre, le passage qui lui est consacré résonne aujourd’hui sinistre : Margot est comparée à un “homard”, à saisir “le pouce et l’index derrière la poignée” pour qu’elle ne se balance plus et ne “ronronne”. La publication n’offusque personne. Jusqu’à cet été 2022 où l’Héraultaise est alertée par ses camarades en détresse du “J’ai pris conscience de ça il y a environ deux mois… Quand j’ai relu le trai rejon, c’est effrayant, c’est comme s’il décrivait le viol de manière très colorée, je me suis dit que c’est fou, il ose même le dire. … Et dire qu’avec tout ce qu’on décrit, il n’y avait pas de compétence psychiatrique pour lui…” La demande “un peu” après 20 heures Il y a une deuxième rencontre entre Patrick Poivre d’Arvor et Margot Cauquil-Gleizes qui vient de terminer l’école des Beaux-Arts de Montpellier, en 1992. Elle cherche un stage sur les plateaux, le contacte : “J’ai quand même refusé, je me suis dit que ce serait bien qu’il m’aide”, nous dit-elle. Le journaliste l’invite à 20 heures puis va dîner. “Là, il y a le Dr Jekyll et M. Hide, charmant quand il lance les sujets puis écoeurant avec ses équipes, il change de visage. J’ai attendu 20 minutes qu’il renseigne son agenda et il arrive. Il pose ses notes, je me lève. , il me dit : « bonsoir, je suis content de te revoir », il pose le cul sur le bureau et il me dit, comme un homme-enfant, avec une petite moue : « Oh, écoute, le journal était vraiment très stressant pour moi, je suis vraiment stressé, tu ne me ferais pas une petite gâterie ?Ouverture de son pantalon.Là, l’événement de Sète me revient en mémoire, je me dis que c’est pas possible, c’est un gros patient. Je dis non, il insiste : ” Viens, juste une toute petite friandise “, je lève la voix mais personne ne vient, il change de visage et dit ” bonsoir alors “. Je me sens humilié, stupide d’être venu “. Le journaliste a déclaré à l’audience qu’il ne se souvenait pas de cette rencontre. Pourquoi a-t-elle continué à le fréquenter ? Pourquoi tant d’accusatrices continuaient-elles à fréquenter la star ? “Il a déclaré que je n’étais pas sous influence, il était en tout cas en position dominante car il était extrêmement connu” répond-elle. violé Grâce à la police, au major, qui m’a extrêmement bien reçu, en mars 2021, j’ai enfin compris quand il m’a dit : “oui, madame, vous avez été violée” car il y a la notion de surprise. Comme je n’ai pas résisté, je me sens coupable, j’ai honte et je me tais. C’est du déni, on invente cet horrible événement pour survivre. C’est aussi une question d’éducation, ça ne pouvait plus arriver aujourd’hui à des jeunes filles très averties, on aurait dû me dire : “tu ne montes jamais dans la chambre d’un inconnu, même si c’est PPDA”. Comment vivre le statut de “prescrite” Le déclic se produit lorsqu’elle voit PPDA à la télévision répondre aux accusations de Florence Porcel. Elle décide de témoigner dans cette affaire qui a été rejetée. “Je suis prescrit, notre combat est de faire bouger les lignes, la loi, si nous réussissons, ce serait notre victoire”. Dans l’attente d’un éventuel rebond judiciaire, Margot Cauquil-Gleizes, est soulagée. “Je suis enfin fier. Pour nous tous, je le dis avec un grand sourire. Je pense que ça va ouvrir les paupières de ceux qui veulent encore fermer les yeux”. Et le livre d’Hélène (dans lequel son histoire est racontée, ndlr), fera date, c’est un livre punk. . Aujourd’hui beaucoup de femmes n’osent pas témoigner devant la police, je pense qu’on est entre 60 et 90 dans cette affaire. Et nous espérons tous un procès.” Hélène Devynck publie ce vendredi 23 septembre “Impunit” (Seuil), avec le récit de 23 plaignantes dont la sienne.

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