Edvard Munch, infatigable expérimentateur, au Musée d’Orsay

De son vivant, Edvard Munch (1863-1944) était célèbre en Scandinavie, dans les pays germaniques et, dans une moindre mesure, dans d’autres pays européens, jusqu’à la Première Guerre mondiale, qui perdit ensuite sa renommée. Aujourd’hui, tout le monde le connaît, mais son œuvre a subi une triste simplification qui réduit Van Gogh à l’oreille coupée et Picasso à Femmes d’Avignon (1907). Dans son cas, c’était “Le Cri” (1893-1917), reproduit et détourné à l’infini. On peut le voir dans la rétrospective organisée au musée d’Orsay à Paris, sous la forme d’une lithographie que l’artiste a dessinée en 1895, sans l’accrochage censé le représenter. Et pour cause : le but de l’exposition est de présenter, en une centaine d’œuvres sur toile et sur papier, un Munch le plus complet possible, loin des banalités habituelles.

Si plusieurs de ses œuvres les plus célèbres existent, comme “Mélancolie” (1891-1896) ou Nuit sur l’avenue Karl-Johan (1892), d’autres, beaucoup moins attendus, occupent au moins une des mêmes places, par exemple les panneaux de la soi-disant “Frise Linde”, du nom du mécène Max Linde qui les commanda en 1904, par l’artiste et il refusé. quand il l’a découvert parce qu’il a dit, ce n’est pas adapté au lieu à garder, la chambre de ses enfants. Autre parti pris démonstratif : présenter de multiples versions de motifs récurrents, le vampire où le Jeunes femmes sur un pontLes versions sont parfois séparées de plusieurs décennies, et montrent ainsi à quel point, même durant l’entre-deux-guerres, Munch a expérimenté de différentes manières, avec des inventions et des styles qui ont déconcerté va-et-vient – rien qu’y expression – critiques et amoureux de son temps.

Dans un ordre chronologique strict, la commissaire de l’exposition, Claire Bernardi, privilégie les vis-à-vis et les quartiers

Le maintien d’un ordre chronologique strict n’est donc pas très important et le commissaire de l’exposition, Claire Bernardi, s’en libère, vis-à-vis et quartiers privilégiés qui invitent tant à comparer et à s’interroger. Cette attention au processus créatif et à ses rythmes est tellement accentuée que plusieurs états d’un même sujet sont parfois combinés, traités par la peinture, le dessin, la lithographie et la sculpture sur bois. De l’un à l’autre, les changements peuvent aussi aller vers un affinement de la forme comme l’ajout d’éléments supplémentaires. Il n’y a pas d’autre règle que l’expérimentation permanente, qui jusqu’aux dernières années et un autoportrait de 1940-1943 où Munch est montré de face et de profil simultanément, travaillant par hachures et barbouillages de couleurs acidulées avec une brutalité à la Picasso. .

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