Pourquoi rien ne va plus à la BnF ? Chronique d’un lecteur solidaire

Depuis mai, la réorganisation de la Bibliothèque nationale de France n’est pas terminée. Les syndicats du personnel appellent à une nouvelle grève le mardi 20 septembre. Explications du périodique local.

Cela dure depuis près de six mois. Le 20 septembre, les syndicats des salariés de la BnF (Bibliothèque nationale de France) appellent à une nouvelle grève pour protester contre la réorganisation de la structure publique. Et ce, alors même que son site Richelieu vient de rouvrir après une importante restauration. Le conflit porte notamment sur les nouvelles procédures de transfert de documents. Visiter la bibliothèque pendant de longues périodes, soit à des fins de recherche préparatoire d’articles Télérama, ou pour un travail personnel, j’aimerais apporter quelques précisions sur son fonctionnement.

J’ai d’abord acheté une carte de chercheur dont le prix actuel est de 55 euros par an. Pour commander des livres ou des périodiques (jusqu’à quinze exemplaires par jour), les gens les réservent de chez eux, le plus souvent : catalogue général en ligne, très bien conçu. Il doit être fait au moins un jour avant. Il vous suffit de vous rendre à l’une des adresses de la BnF, François-Mitterand, Richelieu ou Arsenal. Je fréquente régulièrement la bibliothèque de recherche François-Mitterand, située en bord de Seine, au premier étage. Vous présentez votre carte, l’agent chargé de l’expédition des commandes marque l’emplacement et prend les livres préfabriqués, brochures, microfiches ou microfilms des entrepôts sur un petit chariot.

Confortablement installés à la grande table, nous commençons à lire. Mais souvent l’auteur dans son texte ou dans la bibliographie compilée en fin de volume nous incite à “sauter” vers un autre livre auquel nous n’avions même pas pensé. La tentation de le consulter immédiatement est grande. Avant la réforme intervenue le 2 mai, il suffisait d’aller sur l’ordinateur pour commander le livre en deux ou trois clics et d’attendre des dizaines de minutes le temps qu’il parcoure les réserves. Nous avons donc pu passer commande gratuitement sur place entre 9h et 17h le jour même pour une livraison immédiate.

Un service public en déclin

Mais, de mai à début septembre, la procédure a changé. nous ne pouvions plus commander un livre sur place le matin. Ce n’était possible qu’à partir de 13h30, pourquoi 13h30 ? Personne ne savait vraiment. Et le moment venu, tous les lecteurs qui voulaient passer commande l’ont fait en même temps. D’où l’encombrement, l’incompréhension, l’attente, le stress des lecteurs et du personnel, etc.

Ce système ridicule ne m’a pas beaucoup dérangé, à commencer par les bureaux Télérama : sont à proximité et que j’habite à proximité. Je peux revenir quand je veux. Elle a particulièrement pénalisé les chercheurs qui viennent de loin, dont le temps est limité et qui aimeraient pouvoir passer la journée de travail dans la paix et la concentration. Enfin, la BnF a créé une procédure spéciale à leur intention.

Quelles que soient les raisons budgétaires justifiant les réformes, j’ai donc pu, en tant que lecteur, constater le déclin du service public, pour lequel, rappelons-le, les chercheurs paient deux fois (avec les impôts et un “chèque recherche”). C’est contre cette dégradation que les syndicats protestent et les réseaux sociaux se mobilisent sous le slogan « #BNFGate ». Laurence Engey, présidente de la BnF, leur a répondu Libérer 18 mai fondant sa décision sur le fait que les agents chargés de la mise à disposition des documents sont également affectés au travail sur les collections. Mais depuis, selon les syndicats, plus de 16 000 lecteurs et la signature de 350 universitaires et acteurs du monde de la culture ont été récoltés, qui a été publié le 20 juin. tribune à l’intérieur Le monde rappelant que le rôle de la bibliothèque est avant tout la communication des livres.

Retour à la case départ

A tel point que la direction de la BnF a fini par reculer. Dès le 6 septembre, sur le site François-Mitterand, vous pourrez donc commander des documents sur place le matin pour les recevoir le jour même à partir de 13h30. A partir du 26 septembre, les demandes seront prises en compte même l’après-midi. Bref, on revient presque à la case départ, avant les réformes. Tout ça pour ça ! Faudra-t-il encore des jours de grève pour revenir une fois pour toutes à des réservations normales ? La détérioration est ressentie d’autant plus qu’elle fait suite à des mois de fermeture puis de service partiel à cause de Covid et que cela se produit aussi. accompagnée de la disparition des agents chargés des vestiaires. Jusqu’à présent, par l’incroyable richesse de ses catalogues, la qualité de son accueil, de ses expositions, la BnF a été une grande bibliothèque. J’espère qu’il restera comme ça.

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