Mazen Kiwan, inébranlable – L’Orient-Le Jour

Mazen Kiwan est un pur Libanais avec de fortes racines familiales à Bater dans le Chouf où il reste attaché. Cependant, et après les débuts de la danse contemporaine avec la troupe Caracalla, c’est à Paris, à partir de 1995, qu’il part approfondir cet art à l’Institut Pédagogique d’Art Chorégraphique, et commence à apprivoiser le tango argentin pour découvrir le maestro argentin notamment Pablo Véron et Gustavo Naveira. “Ces deux mondes se nourrissent, avoue-t-il, et nous aident à connaître l’espace, le corps humain et les lois de la gravité. Le tango, en revanche, met l’accent sur l’écoute des autres et de soi, qui est dans le temps.”

Nous sommes déjà en 2000, Kiwan multiplie les collaborations avec Irina Brook, comédienne et directrice de théâtre et d’opéra franco-britannique, notamment dans la pièce Résonances qui remporte deux Molières. Il rejoint le monde du cinéma avec Claude Chabrol dans La demoiselle d’honneur ou Nadine Labaki dans Où allons-nous maintenant ? lui demandant de danser dans leurs films. Au fur et à mesure que les différents talents de Mazen Kiwan se développent, au Liban, il décide de les partager en 2002 en invitant un groupe d’amis de différentes nationalités à découvrir son pays, et y organise un stage de tango. Ce premier essai, presque improvisé, qui enthousiasma ses amis suédois, italiens et français, fut le moteur du premier festival de tango. Il lui faudra sept ans pour le concrétiser et lui donner forme. Il se tiendra officiellement à Beyrouth en 2009.

Le Byblos Tango Festival, un événement à ne pas manquer pour les amoureux de cette danse. Photo par DR

Dès la première année, Mazen Kiwan n’a pas hésité à choisir des artistes, tous des grands noms du tango argentin, dont Carlos Espinoza & Noelia Hurtado, Horacio Godoy & Magdalena Gutierrez. Aujourd’hui, la danseuse et chorégraphe a fêté sans fierté les 10 ans du Festival International de Tango de Beyrouth et le Byblos soufflera cette année la 7ème bougie, du 23 au 25 septembre. La situation magique et éternelle de Byblos a déjà séduit Mazen en 2015 et a attiré les danseurs en raison de sa proximité avec la mer, les rues piétonnes et, bien sûr, la joie d’y partager cet amour pendant quelques jours.

Pour la mémoire

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Un nouveau défi

Après trois ans d’interruption due au Covid, conjuguée à une crise économique sans précédent au Liban, Mazen Kiwan a décidé de lancer ce défi, bien décidé à utiliser toutes les “fourchettes”, tout ce qui est un moyen possible d’éviter les difficultés et de concrétiser ce projet. dans son coeur. “Un entraînement épuisant tous les jours,” marmonna-t-il. Je dois être super créatif et au lieu de simplement mettre mon énergie au service du festival, je dois jongler et résoudre les problèmes de manque de carburant, d’électricité, de billetterie, de visa, etc. »

Pas de deux pour Mazen Kiwan danseur, chorégraphe et fondateur du Beirut International Tango Festival et du Byblos Tango Festival. PhotoRichard Sammour

Mais le danseur-chorégraphe n’est pas une personne qui s’arrête ou se laisse vaincre par la noirceur ambiante, surtout depuis la naissance de sa fille June, qui lui a donné des ailes. Au contraire, c’est une évasion qu’il promet d’offrir aux tangueras et tangueros libanais et étrangers qui en ont bien besoin. Pour cette édition, comme les précédentes, elle propose des cours de tango, valse et milonga avec des professeurs, chacun issu d’un pays et d’une culture différente : Esref Tekinalp, turc, et sa compagne française, Vanessa Gauch, étaient là pour transmettre leur expérience. et la connaissance avec excellence. L’Allemand Daniel Darius, professeur d’histoire et de philosophie du théâtre à la Sorbonne, guidera les pas de la danseuse Valérie Onnis où il a fondé la compagnie de tango Argos/Otro. Enfin, les Colombiens Cesar Brand et Elizabeth Cano, très actifs dans la communauté du tango à Dubaï, étaient là pour communiquer l’essence de leurs abrazos, leurs étreintes. Cette belle palette d’artistes est déterminée à enflammer la piste de danse avec leurs performances de milongas enivrantes. Pendant trois jours, ces bals de tango se dérouleront les après-midi et les soirées sur une belle place disponible pour le festival de la commune de Jbeil, qui assurera également l’approvisionnement en électricité. De son côté, l’Ambassade d’Argentine au Liban prendra en charge la moitié des frais de billets d’avion des artistes et musiciens. Avant tout une question de soutien pour continuer ces projets culturels menacés par l’effondrement du pays.

“Né de nouveau”

Enfin, le festival débutera par un beau concert qui se tiendra le 22 septembre au MusicHall. Sans aucun doute, Mazen Kiwan et le pianiste Roger Hélou, dont il n’est pas la première représentation au Liban, ont choisi de nommer cet événement musical Renaceré, je renaîtrai. Une promesse de renaissance et un moment de bonheur garanti mettant en vedette l’auteur-compositeur-interprète Hernán Genovese, qui sera entouré de cinq musiciens internationaux. Les trois paires de danseurs rejoignent le bandonéon, la contrebasse, le piano et le violon dans un dialogue parfait. Une nuit unique à ne pas oublier pour redécouvrir le tango poétique, le tango de feu et de passion. Mais aussi le message tango d’une nécessaire résistance culturelle.

*22 septembre à 20h30 au MusicHall : « Renaceré Tango Show ». Billets en vente dans les librairies Antoine. Du 23 au 25 septembre : Festival Byblos Tango à Jbeil. A partir de 20h30 Pour tout renseignement : 03011782

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