De la salade mal mélangée à l’incontournable pause midi, comment le poké bowl a envahi la France ?

De notre envoyé spécial dans la hype du moment,

Pause déjeuner, 7 juin 2018 Nous avons gentiment proposé de passer le bon vieux temps Créer un Mac quand Thomas, notre collègue, nous a regardés d’un air compatissant devant notre – supposé – mauvais goût : “Bon, non, on n’a plus 15 ans. On va se faire piquer.” poké bolet pour les deux fugues du bas publicité alimentaire made in Hawaii : bol de riz, fruits frais et source de protéines, traditionnellement du poisson. Environ 15 € dépensés plus tard, dont 2 pour un petit poulet supplémentaire – nous avons juste sauté dans le train en marche.

Quatre ans ont passé et les points de vente poke poussent comme des champignons partout en France. Même les restaurants traditionnels l’ont adopté et proposent leur version mise à jour. En chiffres, cela équivaut à 200 millions de bols vendus en France en 2021, selon Bernard Boutboul, président de Gira Conseil, cabinet spécialisé dans la restauration. Ainsi, le bol sera allumé Fast food quel Spritz pour un cocktail : Alors bifurquer. Mais comment ce que l’on considérait il y a cinq ans comme une salade sans mélange s’est imposé ainsi ?

Veni, Vidi, Heatley

Pour le savoir, revenons à l’essentiel. Ou plutôt, à ce cher Thomas, juste pour lui demander ce que ça sent : “C’est évident : c’est frais, rassasiant et sain”, nous dit cet ancien journaliste devenu libraire. Pas trop gros et pas trop lourd, bienvenue dans le monde en bonne santéqui répond aux exigences modernes. François Blouin, Fondateur de Food Service Vision, explique : « Il y a une vraie transparence dans le poke qui consommateur attache une importance croissante : on voit des produits, souvent frais et non transformés, on les choisit, nous savons ce que nous mangeons. Le riz a aussi l’avantage d’être sans gluten, ce qui là encore est pertinent.

Telle une bonne commerciale, Emily au bar du Pokébowl 9em (Paris) vante sa marchandise : “C’est une pause déjeuner beaucoup plus saine qu’une pause déjeuner.” Burger ou kebab. Il est équilibré, avec un bon rapport glucides, protéines et lipides ! La promesse n’est pas forcément tenue, car la nutritionniste vous parlera de l’index glycémique assez élevé de la plupart des ingrédients et de certains mauvais choix alimentaires du consommateur qui peuvent ruiner l’apport calorique.

Pas un très bon produit ?

Marie-Eve Laporte, enseignante-chercheuse à l’IAE Paris-Sorbonne et spécialiste du comportement alimentaire, est positive : « Ce n’est pas le summum de l’hygiène de vie, mais c’est en fait moins. Hautement calorifique que la plupart des hamburgers ou autres fast-foods. Nicolas Nuchi de CHD Expert-Datassential explique : « Tout le monde en bonne santé en poke, mais comparé à la plupart des fast-foods, il regorge de fruits et de légumes qui fournissent des fibres et des vitamines.” Toujours requis.

En plein débat sur le bien ou le mal d’un bol, Emily ajoute un deuxième argument de poids : en moyenne, elle mange 200 grammes de riz. Comprenez : un produit rassasiant qui élimine les fringales dès 16h00 et ce diable Kinder Bueno dans la cafetière. Là aussi, incrédulité de la part de Bernard Boutboul : « Ça ne rassasie pas plus que n’importe quelle salade de riz, pâtes ou autres féculents. »

Salade 2.0

Car oui, arrêtons de faire semblant : un poke bowl c’est une salade. Du personnalisé, oui, mais une salade. Cela explique aussi en partie son succès, puisque la salade composée est le quatrième plat à emporter le plus consommé en France, après le trio sandwich-burger-pizza (miam), selon Bernard Boutboul. 550 millions de salades composées sont vendues chaque année, et c’est le total sans le Poké Bowl. Et le président de Gira Conseil l’assure : “Si on en ajoute deux, le produit sera définitivement le troisième.”

Alors laitue 2.0 avec ce que Nicolas Nouchy appelle la premiumisation : essentiellement améliorer la qualité de ce que vous mangez vous-même. En 2018, nous avons investi 2 euros supplémentaires dans le poulet et augmenté notre apport en protéines. Outre la valorisation du produit, la possibilité de composer soi-même sa salade est importante : la diversité de l’offre, bien sûr, et « la satisfaction du client en ayant un produit unique qui répond à ses envies ». Et c’est bon pour restaurateurscar le produit coûte plus cher s’il est customisé et personnalisé. Selon une étude d’un expert du CDH, l’encaissement moyen de la restauration rapide en 2021 était de 11,50 euros au lieu de 9,70 euros en 2019.

Beau est plus que bon

Autre avantage : à l’heure où il devient de plus en plus difficile de démarrer son assiette sans interruption – “Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa est je prends d’abord une photo du plat” – le Poke Bowl a l’avantage d’être joli avec ses couleurs d’ingrédients bien agencées. « La satisfaction du client a plus à voir avec l’esthétique qu’avec le contenu du produit lorsqu’il s’agit de nourriture. instagrammable », – note Nicolas Nouchy. C’est mathématique : « plus le produit est photogénique, plus il est distribué sur le réseau, plus les gens en parlent. En plus, une bonne apparence aide sur les sites de livraison », ajoute François Blouin.

Parce que le succès du Pokebowl s’inscrit aussi dans la dynamique croissance des ventes à emporter et en livraison à domicile… et des horaires de repas réduits », explique Marie-Eve Laporte. Pour résumer : “Poke fait partie de toutes les tendances de consommation actuelles.” Et il semble que ce sera pour longtemps, tous les experts en conviennent. François Blouin : « L’évolution du Poké Bowl n’est pas encore terminée. Il a encore des parts de marché à gagner et à renforcer, nous ne sommes pas encore au sommet. » Thomas n’a pas fini de nous rappeler qu’il avait raison.

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