VIDÉO. Ils tombent nez à nez avec un grand requin blanc près des côtes camarguaises

Lundi dernier, à 8 heures, à 3 milles nautiques, soit 5 km de l’embouchure du Rhône, face à Port-Saint-Louis-du-Rhône. Un aileron se détache à l’horizon, dans la zone marine protégée de Camargo… A leur approche, les bateliers, lors d’une promenade matinale, n’en croient pas leurs yeux… Quelques instants plus tard, les passagers du bateau se rendent compte qu’il ne s’agit pas d’un grand requin bleu ou d’un maquereau habitué des eaux méditerranéennes mais d’un grand requin blanc ! Ces derniers viennent jouer les curieux, allant même jusqu’à effleurer leur esquif devenu aussi fragile qu’une coquille de noix – pour un instant – face à l’aiguillat commun de 5m venu chatouiller leur coque ! Au total, le plus gros prédateur marin existant restera près du bateau pendant près de 5 minutes.Mais le “monstre” de la mer ne reste pas devant ce morceau de fibre de carbone et de fer, qui n’a pas de thon rouge ni de tortue de mer, sa menus habituels. Les scientifiques du bateau sortent avec une certaine appréhension, et saluent cette rencontre exceptionnelle du 3ème type. Pour Nicolas Ziani, du Seal Shark Study Group (en cas d’observation de requins et de raies en mer ou sur le littoral contacter le GPER), il n’y a aucun doute, l’animal observé est une femelle requin blanc de Méditerranée (Carcharodon carcharias, son scientifique « Morsures d’amour » « Sur la vidéo, il y a des morsures et des dents sur tout le corps de l’animal, ce qui indique que l’animal est une femelle qui a été mordue lors de l’accouplement, ce sont des morsures d’amour, analyse le scientifique. Typiquement, c’est un grand requin blanc de Méditerranée avec une couleur plus brunâtre sur le dos. C’est définitivement l’été des requins après qu’un certain nombre de requins, en particulier des requins bleus, ont été repérés très près de nos côtes. Mais pour un grand requin blanc, qui soit dit en passant est méditerranéen, s’approcher d’aussi près d’une zone peuplée est évidemment inédit. La dernière observation, et lointaine, d’un grand requin blanc dans le golfe du Lion, datait de 2012. « La présence du grand requin blanc est fortement corrélée à celle du thon rouge pour son alimentation en Méditerranée. Les stocks de Marlins se reconstituent depuis quelques années depuis la mise en place d’une réglementation stricte de la pêche sur l’espèce”, souligne notre spécialiste des requins. Cette femelle requin passerait ainsi dans la région pour se nourrir durant toute la période de gestation, qui dure souvent plus d’un an.Sa destination, la Manche de Sicile, qui va de Messine au golfe de Gabès en Tunisie, sert de nurserie aux espèces. . En 2018, 98% de l’espèce était considérée comme éteinte en Méditerranée. « En fait, ce constat est bon signe. A mon avis, l’espèce est en train de se repeupler, notamment grâce aux aires marines protégées”, précise Nicolas Ziani. En 2021, il n’y avait qu’environ 250 individus adultes en Méditerranée, selon les données de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature).

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