Après Godard, toujours Godard

Jean-Luc Godard au présent

Nous avons souvent parlé Jean-Luc Godard et son travail, en Grand plan, mais bien sûr il fallait y revenir. Ni sous forme d’éloge funèbre, ni de notre désir, ni d’une critique posthume de son œuvre, nous devrions lui consacrer l’année. En revanche, on aimerait se demander où on en est avec Godard, à la date de mardi, il est encore juxtaposé au présent, et peut-être même au futur. Deux spécialistes des scénaristes sont déjà venus ici pour parler notre série Godard pour la saison 2019-2020 de Grand plan va nous aider biographele critique et l’historien Antoine De Becet: David Farultl’auteur de Godard, Inventions du cinéma politique aux prairies communes.

Comment penser Jean-Luc Godard au présent, aujourd’hui ? Et quel Godard garder ? Du jeune cordier gracieux et instigateur des règles de la qualité française à l’ermite de Rolles, en passant par un militant débandé dans un collectif, un vidéaste artisanal, un JLG aux aphorismes mystérieux et un historien du cinéma, il y en a au moins un ; Godard pendant une décennie.

Peut-être restera-t-il une manière particulière de penser, avec un collage, comme l’éditeur qu’il fut sans doute avant tout. Des images qui, prises ensemble, créent un sens qui va au-delà de l’intention initiale, c’est ce que ça pourrait faire.Hors d’haleine à: livre d’imagesà la fois l’originalité de la pratique godardienne du cinéma et son grand héritage…”Godard est peut-être le cinéaste qui a pris le plus au sérieux uniquement le cinéma – le montage. Et cela en a fait une sorte de modèle épistémologique. C’est peut-être l’avenir de Godard. tout comme il se considérait comme un pirate, un voleur d’images, d’idées, de mots, il n’a cessé d’emprunter, de voler des images aux autres dans ses films ; eh bien, nous pouvons faire la même chose. oeuvre de Godard. Le destin de Godard réside moins dans la copie, le modèle, que dans ce qu’il a découvert avec ses méthodes, ses outils, sa manière de penser, rassemblant les images qu’il a collectionnées en chineur, en éboueur.

"Le livre d'images"Par Jean-Luc Godard
“Livre d’images”, Jean-Luc Godard

– Long métrage

Comment le public se positionne-t-il aujourd’hui face à un film de Jean-Luc Godard ? Peut-on le regarder au présent sans être alourdi par l’accumulation de savoirs et de réflexions godardiennes accumulés par ses exégètes depuis 60 ans ? « Il faut commencer par se débarrasser de toute cette intimidation culturelle qui empêche l’accès à Godard. Il y a un travail considérable à faire avec cet inventaire patrimonial pour essayer d’entretenir avec lui un rapport beaucoup plus spécifique, plus pratique. travailler, au profit des cinéastes, des techniciens, qui peuvent tous y trouver leur miel pour guider leurs propres pratiques, à partir de ce geste constant ; lever les yeux vers les sommets de l’histoire du cinéma et de l’histoire des arts, fil conducteur de toute son œuvre“.

La grande leçon de Godard, peut-être, est simplement de ne pas se laisser impressionner, éblouir par lui. En tant que pionnier de la Nouvelle Vague iranienne, qui fête aujourd’hui son centenaire, Ebrahim Golestandont l’étonnante et mélancolique correspondance impossible est réunie dans le film par son auteur, un cinéaste d’origine iranienne. Mitra FarahaniAvec cette ultime apparition de Jean-Luc Godard sur grand écran, c’est A vendredi, Robinsonest sorti dans les salles françaises au lendemain de la mort du cinéaste.

“Babi Yar. arrière-plan”, par Sergey Loznitsa

Rencontre avec le cinéaste ukrainien Sergueï Loznitsa, qui a mené pendant de nombreuses années la réflexion sur la logique des conflits et de la barbarie dans l’Europe du XXe siècle sous la forme de remontages d’images d’archives. Dans Bab Yar. le contexte, il se concentre sur les 28 et 29 septembre 1941 dans les gorges de Babi Yar à la périphérie de Kiev, lorsque les occupants nazis, avec l’aide de sympathisants locaux, ont massacré 33 771 Juifs avant d’en effacer toute trace. Un crime dont la mémoire a été effacée par les autorités soviétiques, qui ont caché la judéité des victimes.

“Je m’intéresse aux films où le héros est la masse, l’événement, l’idée, et je cherche une nouvelle dramaturgie pour pouvoir retenir l’attention du public, construire un tout, un tout. un film qui peut faire avancer l’esprit”. Avec un incroyable sens du montage et une profonde réflexion sur les images manquantes de ce massacre, rappelant la fameuse “polémique des images” qui opposait Jean-Luc Godard et Claude Lanzmann et consorts, Sergei Loznitsa au tournant du siècle. propose un film expérimental mais important qui prend aussi un sens inattendu alors que la guerre et ses atrocités reviennent ravager son pays.

"Bab Yar.  le contexte"Par Sergueï Loznitsa
“Babi Yar. arrière-plan”, par Sergey Loznitsa

– Distribution Dulac :

Chroniques de Charlotte Garson : La Seconde Femme de Murelle Judet

Retour La deuxième épouse. Que font les actrices dans la vieillesse? (éd. Premier Parallèle), 8 portraits de femmes de la cryogénique Nicole Kidman à l’aventurière du temps Bette Davis, est une fascinante méditation sur le vieillissement, que Susan Sontag a qualifiée de “crise de l’imaginaire” selon la critique Muriel. Judeth, qui partage cet essai, représente les réflexions qui ont commencé dans ses livres Isabelle Huppert et: Jenna RowlandOu sur Joan Crawford. “Presque toujours une femme est accompagnée d’une image d’elle-même, les femmes regardent comment elles les regardent, et ce sexisme intégré, cette ségrégation oppressante, Muriel Jude nous propose de considérer cela non seulement comme un fardeau, mais aussi comme une joie, un surcroît niveau. de conscience. “Jouer au cinéma est étroitement lié à l’idée d’accepter la vieillesse en présence des autres.”

Bette Davis et Joan Crawford "Qu'est-il arrivé à Baby Jane ?"Par Robert Aldrich
Bette Davis et Joan Crawford dans Tout ce qui est arrivé à Baby Jane de Robert Aldrich

– Warner Bros.

les recommandations de Grand plan

Très beau et puissant 107 mèresdans: Pierre KerekesLes 107 mères en question sont des détenues de la maternité-prison d’Odessa qui jouent leur rôle dans cette fiction.

Kate indestructible. Katharine Hepburn et son publicpar Jules Sandeau (Presses Universitaires de Bordeaux)

Extraits sonores.

  • hors d’haleine de Jean-Luc Godard (1959)
  • Extraits d’une conversation avec Jean-Luc Godard, de Allen Fleischer (2007)
  • A vendredi, Robinson ! de Mitra Farahani (2022)
  • prends soin de ton droitde Jean-Luc Godard (1987)
  • Méprisde Jean-Luc Godard (1963)
  • Qu’est-ce que c’est est arrivé à Baby Jane Robert Aldrich (1962)

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