Alain Robbe-Grillet, professeur de soi-même

“Rob-Grillet. L’Aventure d’un nouveau roman », Benoit Peters, Flammarion, 432 pages, 22,90 €, numérique 16 €.

L'écrivain français Alain Robb-Grillet, en 2002, à Caen.

Le Nouveau Roman, mouvement littéraire né dans les années 1950 qui espérait renverser les formes traditionnelles de l’histoire, revient sur scène. Des sorties récentes d’échanges entre ses personnages principaux, Alain Robb-Grillet (1922-2008)Claude Ollier, Nathalie Sarro (1900-1999), Claude Simon (1913-2005) et autres (Nouveau romain. Correspondance 1946-1999Gallimard, 2021), et cette année, Rob Grillet Benoît Peters a incarné ce retour en ne laissant pas l’histoire de l’homme dégénérer en slogans qui lui plaisaient parfois lorsqu’il proclamait la fin d’un auteur, d’un personnage ou d’une histoire.

Porte-parole autoproclamé

L’impression générale dégagée par ce parcours bien mené, alimenté par les archives conservées à l’Institut de la mémoire moderne, dément l’image sectaire dans laquelle Robbe-Grillet était une constellation d’auteurs. Pour un nouveau roman (Midnight, 1963), l’orateur autoproclamé. Le groupe ne s’est vraiment matérialisé que dans de rares photographies et dans l’esprit de ses adversaires qui, comme le critique littéraire, monde Emile Henriot (1889-1961) a contribué à le nommer. Le biographe, sans cacher son admiration pour l’homme et le romancier qu’il a connu, a pu, sur une simple demande, dresser le portrait d’un personnage aussi original que controversé, plus théoricien et médiatique que la plupart de ses compagnons. , et que sa joie évidente savait lutter contre la haine et la trahison.

L’histoire de Benoit Peters évoque également un aspect problématique de la vie du jeune Alain Robbe-Grillet qui n’a guère terni sa réputation : , puis ardent partisan de la réconciliation franco-allemande lors du service du travail obligatoire (STO) à Nuremberg (Allemagne) en 1943-1944. Si l’écrivain n’a jamais vraiment quitté ce passé, il a toujours affirmé que la découverte des camps d’extermination en 1945 fut pour lui un choc décisif. De même, pendant la guerre d’Algérie, il signe sans hésiter l’appel au défi dit “Manifeste du 121” (1960), tout en refusant de soutenir les “porteurs de valises” qui aidaient le FLN. Cependant, s’il voulait être démocrate, il avait des opinions politiques assez fluides.

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