Pour leur retour, Le Pen et Zemmour se font face mais restent dans leur couloir

Marine Le Pen à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), à l’occasion de la vente de la ville, le 11 septembre 2022. CYRIL BITTON / DIVERSION POUR “LE MONDE” Mille kilomètres et un océan d’indifférence séparés Dimanche Marine . Le Pen d’Eric Zemmour, pour leurs discours d’école politique. Seulement en apparence, car les deux leaders d’extrême droite ont choisi de s’affronter sur l’agenda. “Bon vent”, a pointé la première, interrogée sur la polémiste depuis son fief d’Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), où elle s’est exprimée devant son bureau parlementaire. Il n’a pas dit un mot sur son rival, lors d’un discours d’une heure où il a répété ses sujets favoris et tenté quelques ouvertures sur l’école ou l’énergie. Avant tout, il voulait convaincre ses plus fidèles partisans qu’il ne déposait pas les armes, et les préparer à des années de “bataille culturelle”. Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Marine Le Pen revient sur les questions de pouvoir d’achat et d’inflation Marine Le Pen pourrait envisager pour la première fois des batailles législatives. Dans son pays d’adoption, elle est en terrain favorable pour développer l’enjeu qui l’a amenée au second tour de l’élection présidentielle. Le pouvoir d’achat des Français subit « l’explosion des prix de l’énergie, de l’électricité, des carburants », dont elle est responsable des « erreurs politiques » provoquées « par l’effondrement de notre système de production d’énergie ». “Caste haineuse” Il faut s’inquiéter, prévient-elle, des “ministres qui se succèdent à la télévision pour nous habituer à certains mots : cartes de rationnement, marché noir, ruptures d’approvisionnement, prix prohibitifs, pénuries…”. Mme Le Pen y voit “une campagne d’ivresse pour nous préparer à de sombres perspectives”. Le leader nationaliste poursuit par une diatribe vilipendant “l’arrogance d’un monde politique moribond” et une “caste détestée”. Qu’il rejoindra d’une certaine manière le 17 septembre, car le Rassemblement national organisera à son tour des journées parlementaires, avec ses 89 députés élus avant l’été. A mille kilomètres au sud, à Gréoux-les-Bains (Alpes-de-Haute-Provence), les fidèles d’Eric Zemmour refusent de pleurer les défaites du printemps. Après deux jours de formation pour les jeunes de la génération Z et les aspirants cadres, les militants revivent les grandes heures de la campagne passée : entrée d’Eric Zemmour sur fond de musique péplum, drapeaux bleu-blanc-rouge par milliers, “Bon alors . ! » Des vengeurs quand le dirigeant blâme Emmanuel Macron et son « inconscience ». Les discussions entre militants évoquent le rôle que doit jouer Marion Maréchal, les quelques erreurs de campagne – “il n’aurait pas dû insister sur les prénoms catholiques”, avance Christian, de Marseille, un ancien policier – ou, enfin, le rôle de Pétain pendant la Seconde Guerre mondiale : « Si la France a très peu souffert ces années-là, c’est grâce à lui. On sait que des juifs sont morts à cette époque… mais on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs », jeune activiste explique astucieusement à un couple de sexagénaires conquis 38,38% de cet article reste à lire Ce qui suit est réservé aux abonnés.

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