“Nous sommes tellement heureux de voir des soldats ukrainiens !”, la joie des habitants des villes libérées par la contre-offensive de Kiev

La vie quotidienne en Ukraine tente de continuer, malgré le conflit. Tout le monde essaie de vivre normalement, comme le paysan de la région de Kherson labourant son champ au son des bombardements, ou les enfants jouant sur des balançoires au son des sirènes à Zaporijia.

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Il y a aussi « Mamie Valia », qui vend sa crème et son fromage sur le marché d’Odessa, qui envoie un message aux soldats russes : “On se lève, on n’a pas peur de vous !” Elle pense à ses deux fils qui font leur service militaire dans l’armée ukrainienne.

Grand-mère Valia essaie de vivre normalement à Odessa, vendant sa crème et son fromage sur le marché.  (BENJAMIN THUAU / RADIO FRANCE)

Car les combats font rage ces derniers jours : la contre-offensive éclair des forces ukrainiennes dans la région de Kharkiv a permis de reprendre près de 3 000 kilomètres carrés de territoire occupé par l’armée russe. Le drapeau ukrainien flotte à nouveau dans des villes stratégiques comme Kupyansk. La contre-offensive se poursuit également dans le sud du pays, dans la région de Kherson.

“Gloire à l’Ukraine, gloire aux héros !”, ces messages sont diffusés à la radio alors que le bombardement n’est qu’à quelques kilomètres du village de Vysokopillia, qui se trouve à cinq kilomètres de la ligne de front. Les impacts sont très proches, et pourtant sur une route de campagne déserte, une vieille dame roule sur son vélo. Elle explique qu’elle vivait près de Vysokopillia et qu’elle est partie à cause de la guerre. Même si le danger reste présent, elle a décidé d’ignorer le bruit sourd des explosions car elle veut revoir sa maison. “On m’a dit qu’elle avait échappé au pire, des dégâts d’éclats d’obuselle explique. Alors j’ai pris du sable pour aller le réparer un peu !

Elle dit qu’elle n’a pas peur, quand elle est seule sur cette route, avec son petit vélo : “Je n’y suis pas encore allé, ils disent qu’il y a beaucoup de destructionelle dit. J’avais peur avant d’y aller, c’était terrible mais j’ai décidé d’aller voir.”

Elina, 55 ans, habitante d'un hameau près de Vysokopillia.  Elle vit au quotidien au son des explosions et voit avec soulagement la contre-offensive ukrainienne.  (BENJAMIN ILLY / RADIO FRANCE)

Dans un hameau non loin du champ de bataille vit Elina, une agricultrice de 55 ans. “Psychologiquement, c’est difficileelle reconnaît, mais nous sommes si heureux de voir les soldats ukrainiens ! Quand ils passent, on fait le signe de croix pour les protéger. Mais nous sommes inquiets de toutes ces fusillades, de ces explosions. Juste avant ton arrivée, nous étions au sous-sol pour nous protéger, nous venons de sortir.” Sur son portail, on voit des traces d’éclats.

« Il y a beaucoup de tournages : certains jours c’est toutes les 5 minutes, parfois c’est toutes les heures. Parfois c’est silencieux le jour et c’est la nuit. Mais souvent c’est très intense.

Elina, 55 ans, habitante près de Vysokopillia

chez franceinfo

“Un morceau de roquette est tombé dans notre jardinelle décrit. Nous avons aussi été bombardés : regardez, le toit du magasin est détruit.” Cette contre-offensive, elle l’attendait avec impatience.

Igor, pasteur dans une église protestante, s’est rendu à Vysokopillia et dans les environs pour distribuer de l’aide humanitaire, une centaine de repas et de l’eau potable. “La ville est détruite, on a vu des missiles Grad tomber dans la rue d’à côtéil dit. Dieu merci, nous sommes vivants ! Les habitants sont très heureux d’être libérés, certains pleuraient de joie.” Il montre une vidéo qu’il a tournée avec un habitant de Vysokopillia : “Il n’y avait plus que des gens qui connaissaient l’occupation, les gens fondaient en larmesil se développe. Ils disent que les Russes cherchaient surtout des jeunes filles, qu’ils fouillaient des maisons, qu’ils pillaient, qu’ils cherchaient des soldats blessés. Les gens étaient épuisés mais heureux d’être libres.”

“Un habitant nous a dit qu’une famille avait été abattue, et les Russes sont revenus pour s’assurer qu’ils étaient morts en leur tirant une balle dans la tête. Ils ont fait beaucoup de mal ici.”

Igor, pasteur à Vysokopillia

chez franceinfo

“Une habitante nous a montré une maison, où les Russes avaient creusé un trou dans le jardin, pour y mettre les corps des civils, selon elle”, il ajoute. Il exhorte les troupes à ne pas baisser les bras : “Quand on a commencé à quitter la ville, il y a eu des grèves, les combats continuent. Il faut continuer la contre-offensive !”

La police finit par arriver car des tirs de l’armée ukrainienne se font entendre. “Cette zone continue d’être dangereuse, car la ligne de front n’est pas loinexplique un policier. Il y a des roquettes, elles tombent aussi dans les champs, le système anti-aérien est en marche, il ne faut pas en rester là.” A Vysokopillia, le bruit de la guerre est encore très proche.

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